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Archive for février 2010

Et qu’est-ce qui est le plus inquiétant :

  • les hommes qui refusent de lire le mode d’emploi et n’arrivent pas à monter le meuble
  • ou les hommes qui lisent le mode d’emploi et n’arrivent pour autant pas à monter ledit meuble ?

Ce n’est pas que nous soyons regardantes. Ce n’est pas même que nous nous raccrochons à des principes patriarcaux réactionnaires mais… Avouons-le : les femmes montent de plus en plus leurs meubles seules. Pire même : il devient courant au sein d’un couple que la femme monte le meuble en kit.

A  cela, deux explications probables rationnelles :

  • les modes d’emploi sont écrits par des femmes, l’Homme ne peut donc les comprendre
  • l’Homme a encore trouvé un moyen de rester assis à ne rien faire d’autre que vous regarder vous activer

Tout avait bien commencé. Vous étiez à deux pour choisir le meuble, à deux pour le transporter. Arrivés à la destination « Nid-de-nous-deux », l’Homme vous dit : « Laisse, je m’occupe de le monter ». Il a tourné dans tous les sens le manuel d’instruction et après quelques « oui, une question de quelques minutes quoi », il s’est lancé.

Quarante-cinq minutes plus tard, vous passez la tête dans la pièce. L’Homme grommelle, profère quelques jurons bien sentis.  Vous lui tournez autour, cherchant à le débloquer. Le manuel feuilleté, vous vous apercevez qu’il a confondu les vis 11000034 avec les vis 120084564 et vous l’en informez délicatement. Furieux, il vous abandonne le meuble en kit « puisque tu es si maligne, monte-le ».

Dix minutes plus tard encore, s’étant calmé, l’Homme revient dans le salon pour constater que vous avez presque fini le montage. Soit il vous applaudit pâle « j’avais déjà tout fait mais c’est bien que tu n’aies rien abîmé », soit il vous chasse carrément « et voilà ! il a encore fallu que tu mettes le boxon dans mes affaires ». Dans les deux cas, de toute façon, les outils changent de mains à l’instar de la gloire du meuble monté.

Ainsi, nous voyons une activité dite « typiquement masculine » échouer aux femmes, officieusement dans nombre de cas. La plupart des hommes nient farouchement. Pris en flagrant délit, ils parleront d’un caprice de leur mie auquel ils n’ont pas eu le cœur de s’opposer. Soyons franches : visser quelques vis et donner quelques coups de marteau sont du ressort de tout le monde. Oui, mademoiselle, s’allonger par terre pour fixer des pieds n’est pas impossible pour l’espèce féminine.

Répétons-le, le sujet de cet article n’est pas « faut-il s’inquiéter que les femmes savent monter des meubles en kit ? » mais bien « les hommes ne savent pas lire le mode d’emploi permettant l’érection d’un meuble ». C’est plutôt rassurant d’ailleurs : « J’ai rencontré l’homme de ma vie ! Je l’ai rencontré à Ikea. Et j’ai craqué quand il a monté mes étagères ! Ah ! Quel homme ! Tu l’aurais vu avec sa perceuse ! ». Nous reconnaissons le mérite de l’Homme dans cette noble tâche néanmoins, ça reste un peu léger comme critère de sélection, d’autant que ces boutiques proposent un service de montage à domicile.

D’un autre côté, que reste-il au Prince Charmant moderne à l’heure de l’extinction prouvée complète des dragons si le meuble en kit résiste à sa compréhension ? Oui, le meuble en kit, c’est le petit « plus » en valeur ajoutée inhérent à l’Homme. De manière très général, je crois malheureusement que beaucoup de femmes approuveront, l’Homme ne fait pas la cuisine, ni la vaisselle, ni les lessives, ni les sols… et s’ils ne montent plus les meubles, que font-ils  à la maison?

L’Homme a gagné la paix dans le foyer les millénaires précédents parce qu’il :

  • chassait le bison et la bête féroce pour nourrir et protéger les outils de reproduction
  • travaillait comme un forcené aux champs
  • faisait la guerre, y mourrait ou en revenait complètement bouleversé
  • était le seul actif rémunéré de la famille

Et aujourd’hui ? Que fait l’Homme que la femme ne fait pas qui mérite qu’il puisse avoir le privilège de toujours demander « y’a quoi à manger » ? Ainsi,  le meuble en kit est déterminant d’une évolution : l’Homme n’a plus le monopole « bâtisseur  du nid familial». Les femmes sont actives, elles apportent donc un financement à celui-ci, et elles le meublent de leurs propres mains puisqu’enfin on leur apporte les explications nécessaires et jusqu’ici jalousement gardées.

Mais, donc, l’intellectualisation par le mode d’emploi gêne l’Homme dans la création. Or les femmes n’y prennent garde ! Nous pouvons nous inquiéter. Nous courons au devant d’une perte sans précédent : quand aurons-nous le loisir de pouvoir observer un homme en plein été jouer du tournevis ou de la clé avec de beaux muscles saillants ? L’Homme de la publicité Coca des années 80’ devient un mythe appartenant à un Age d’Or qui nous échappe irrémédiablement semble-t-il ! Sauvons la démonstration de virilité de nos hommes ! Si le paon continue de faire la roue, laissons à l’Homme le soin de bricoler fièrement des puzzles 3D à utilité certifiée !

Nous ne sommes pas négativistes. Tout n’est pas si noir. Le premier point positif : les femmes savent monter un meuble en kit, nos appartements ne seront pas des squats curieux. Le deuxième point positif : les femmes ne prendront jamais comme critère récessif « ne sait pas monter un meuble » pour sélectionner leur partenaire. Troisième point positif : l’avenir du meuble en kit est assuré pour longtemps encore, si quelqu’un avait un doute.

Jessica Galzin-Spalke

Découvrons Malcolm Middleton, chanteur !

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Il est normal d’établir que les personnes qui vont coucher pour obtenir un meilleur salaire, une meilleure assignation ou un dossier convoité ne disposent de rien d’autre que de leurs charmes. Cependant, dans le monde qui est le nôtre, coucher n’est-il pas encore une solution face aux réseaux établis ?

De tout temps, il a existé dans chaque société une élite et sa clientèle. L’élite possède le décisionnel, l’influence, le respect et des moyens tant fonciers que financiers et les clients des talents qui vont servir les intérêts de leurs patrons. Nous constatons que nombre d’hommes, admirés parce qu’ils sont couronnés de succès à la tête de groupes ou d’entreprises, n’ont que le bac en poche en dernier diplôme. Jean Sarkozy ou Martin Bouygues issus de familles aux réseaux établis se sont vus offrir des bases solides permettant de développer leurs talents dans les affaires.

Ainsi, rien que dans le cadre des « stages » ou des petits boulots d’été recherchés par notre jeunesse estudiantine, à part ceux qui iront bosser pour les fastfood, la grande majorité des travailleurs estivaux sont recommandés ou pistonnés par leur famille ou les amis de celle-ci. De même pour le premier emploi, le poste obtenu est souvent pistonné. Dans le cadre actuel de cet article, du moment que les personnes pistonnées sont compétentes et qu’elles s’intègrent parfaitement, il ne vient à l’esprit de personne qu’il soit injuste de se servir de « piston ». Néanmoins, dès que nous parlons de « coucher pour réussir », la corde sensible est touchée.

Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas seulement les « jolies filles » et les « beaux gosses » qui couchent. La promotion canapé peut très bien être obtenue par un « laideron monumentale » ou tout du moins quelqu’un que vous n’auriez jamais regardé. Coucher pour réussir est-il si déloyal quand les avantages précités manquent ? Et cette situation est-elle si injuste envers les autres s’il s’avère que la personne en bénéficiant est compétente ? Un « issu-d’-une-bonne-famille» doit souvent lui aussi se battre pour se départir de son image de « fils/fille à papa ». Du moment qu’il/elle se montre une personne méritant sa position, l’association n’est plus faite, si jamais elle a été faite.

Tandis que dans le cas qui nous concerne, le sexe comme catalyseur de l’avancement carriériste dérange. La prostitution est le plus vieux métier du monde et certainement aussi celui qui aura été le plus pourchassé. La chair reste un des modes les plus repoussés d’avancement : cette option est tout simplement décadente. La personne qui peut donner son corps pour de l’ « argent» est perçue indigne de la confiance de ses pairs. Pour tous ceux qui n’ont jamais ouvert un Barbara Cartland, sachez-le : il vaut mieux encore mourir de faim que d’accepter qu’un homme vous offre un dîner en tête-à-tête si vous êtes une jeune fille pure et honnête.

Il y a beaucoup à apprendre de ce que pense le monde finalement grâce aux pensées d’un naïf grotesque de l’auteur : elle offre en filigrane ce que notre société a établi « comportementalement » parlant. Quelqu’un de bien tombe amoureux, reste pur car amour vrai et devient riche en même temps que le couple s’épouse. Nous n’avons rien a priori contre cette idée mais… il reste que tomber amoureux/se de quelqu’un de riche qui va nous sauver de tous nos problèmes est 1) rare et 2) d’une certaine manière aussi « dégradant » : ah oui la réussite sociale par le mariage est approuvée, j’avais oublié ! Ou pas…

Après tout, le plus dégradant dans le fait de coucher pour réussir est la péjoration que nous lui avons accordée. En effet, la personne qui épouse l’autre n’a pour « seule » qualité que d’être l’Heureux Elu dans le cœur de l’autre. En quoi le fait de coucher pour réussir si vous êtes compétent est plus dégradant ? Pourquoi la prostituée en exercice est-elle si mal vue alors que celle qui arrive à se sortir de ce métier est considérée comme « une femme courageuse  qui s’est sortie de cet enfer » ? Pourquoi plus d’admiration pour celui qui est arrivé à bonne destination que pour celui qui souffre de sa situation présente ?

Diplômé, mais qui ne l’est pas, sans background glorieux, sans le moindre réseau pour étoffer votre carte de visite, d’une intelligence et d’une capacité d’analyse vives, vous voici devant le grand choix : coucher pour obtenir le même salaire à des postes passionnants et épuisants, ceux des grands patrons sans études supérieures. Hésiteriez-vous ?

Tout talentueux qu’un individu peut être, si la chance n’est pas au rendez-vous ou si cet individu n’arrive pas à forcer sa chance, son talent restera pour lui seul. Au final, ne sont-ce pas ceux qui n’ont pas connu la « chance » qui en veulent le plus à ceux qui s’en sortent et les ont stigmatisés ?

De là intervient un autre problème : vous êtes intègre et vous préférez vous en sortir par vos propres moyens. A vous, bonne chance !

Jessica Galzin-Spalke

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Elle était belle, jeune et dynamique. Elle avait une peau de pêche sans la moindre once de maquillage, une ligne d’enfer et avec tout ce qu’elle cumulait, vous n’avez jamais compris comment elle arrivait à trouver cinq heures pour dormir.

Et puis, un jour, elle est tombée enceinte.

Presque neuf mois durant lesquels vous avez pu souffler. Oui, soudain, en l’espace de quelques semaines, vous vous êtes sentie plus belle, moins gauche, plus mince, moins indolente ! Quel bonheur que d’avoir votre collègue enceinte ! Enfin, c’est vous qui êtes mieux qu’elle !

En quatre mois, elle a pris quinze kilogrammes pendant que vous-même, inspirée par son exemple, avez entrepris un régime très efficace : vous avez perdu les quatre kilos qui vous bouffaient la vie depuis l’été dernier.

Elle est couverte d’acné, à cause des hormones. Elle a encore plus de poitrine, soit. Mais elle en souffre ; elle vous l’a confié : « Tous les soirs, je me mets de la pommade pour me soulager. » Rien de très glamour !

Et elle est toujours épuisée ! Elle vous regardait de travers : « Tu sais, ce serait bon pour ces quelques kilos que tu te bouges ! » quand vous preniez l’ascenseur pour monter à votre bureau du troisième, alors qu’elle n’est plus capable de descendre à pied au deuxième où se trouve la machine à café !

Vous avez non seulement embelli, mais vous êtes quasi une sainte aux yeux du monde ! Oui, vous la défendez et vous n’avez aucun problème à la supporter alors que ses hormones font d’elle une bombe ambulante ! Oui, vous jubilez ! Vous tenez votre revanche sur la vie !

En effet, le bonus dans toute cette histoire : vous ne lui avez rien fait. Non seulement vous ne l’avez pas mise enceinte mais vous ne vous êtes pas même permis une simple petite remarque. Et quand elle a eu une larme parce que le docteur lui a dit qu’une telle prise de poids était impensable, vous lui avez offert un chocolat chaud- dans lequel vous aviez rajouté un sucre, votre épaule et lui avez dit que quand elle reviendrait vous l’accompagneriez à la piscine le midi !

Le seul véritable inconvénient de toute cette jubilation – et on a beau dire que toutes les grossesses sont différentes, ça ne rassure pas pour autant- depuis que vous avez assisté à la métamorphose de la Femme Parfaite, c’est que vos délires de maternité se sont envolés très loin !

L’avantage, c’est que nous sommes en France et que l’amende concernant les femmes qui manqueraient au service à la patrie en refusant l’enfantement n’existe pas !

Réjouissez-vous donc en paix des petits malheurs de votre collègue ! Ce n’est pas certain, mais elle réussira peut-être à récupérer sa taille de guêpe et toute sa morgue avec !

Jessica Galzin-Spalke

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